La Grèce à son tour frappée par de violents incendies et une météo extrême
La Grèce, confrontée à plusieurs violents incendies, fait face à une situation "extrêmement difficile", a prévenu dimanche le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, tandis que deux hélicoptères sont entrés en collision au cours d'une intervention.
Frappée chaque été par des incendies en raison de vagues de chaleur et de la sécheresse, la Grèce avait été jusqu'à présent relativement épargnée par les grands feux, contrairement à la France et à l'Espagne.
En pleine saison touristique, le risque de déclenchement de feux restera lundi "très élevé", de niveau 4 sur une échelle en comprenant cinq, en Attique - la région d'Athènes - et dans la Béotie proche, a averti la Protection civile après un week-end où quasiment l'intégralité de la Grèce s'est retrouvée placée en alerte générale.
- Collision de deux hélicoptères -
C'est dans ces deux régions-là que les flammes ont continué dimanche d'engloutir des hectares de végétation sur un terrain accidenté et difficile d'accès.
Ces journées sont "extrêmement difficiles", a déploré le chef du gouvernement sur Facebook, évoquant des "conditions météorologiques extrêmes et des vents" atteignant souvent les 100 km/h.
"Il y a des moments où la nature et l'intensité des phénomènes météorologiques surpassent toute planification humaine et toute capacité opérationnelle", a-t-il insisté.
L'accident s'est produit au-dessus du village côtier de Psathas, sur le golfe de Corinthe, dans une région en proie aux flammes depuis vendredi soir et où les pompiers interviennent dans des conditions extrêmement difficiles.
Samedi, les opérations ont en effet été fortement compliquées par l'intensité des vents qui a empêché pendant plusieurs heures des dizaines d’avions bombardiers d’eau d’intervenir.
A certains moments, les bourrasques étaient d'une telle force que les pompiers ne parvenaient pas à ouvrir les portières de leurs véhicules, avait même expliqué un de leurs responsables.
- Policiers à moto -
La station balnéaire de Porto Germeno, située sur le Golfe de Corinthe et lieu de villégiature prisé des Athéniens, et d'autres localités ont été évacuées après que l'incendie a éclaté vendredi.
Dans un village proche des flammes, des policiers à moto sont intervenus à grands coups de klaxon pour ordonner l'évacuation de la population. Ils ont frappé aux portes de chaque maison, criant "Il y a quelqu'un ?", peut-on voir sur des images diffusées par la police grecque.
Les pompiers tentent dimanche d’empêcher les flammes de s’approcher de la périphérie ouest d’Athènes.
Sur l’île de Céphalonie, en mer Ionienne, elle aussi très touristique, un incendie, déclenché samedi soir dans une zone boisée a continué de progresser et des renforts de pompiers sont arrivés du continent.
Dans le petit port de pêche touristique de Katelios, les hôtels et les hébergements de vacanciers ont été évacués.
Un homme de 44 ans a été interpellé dimanche à Céphalonie, soupçonné d'avoir délibérément provoqué le sinistre, selon l'agence de presse grecque ANA.
Près de Porto Germeno, "il est très probable (si ce n’est presque certain) que cet incendie soit qualifié de méga-incendie", a renchéri Théodore Giannaros, chercheur à l'Observatoire national d'Athènes, sur Facebook.
Les dégâts dans cette station balnéaire et dans la région alentour y sont considérables et les dommages causés à l'environnement immenses, ont affirmé plusieurs témoins à l'AFP.
- Des dizaines de maisons détruites ou endommagées -
"Le feu était trop violent et le vent soufflait avec une force incroyable. Il n’y avait rien à faire. (...) Ma maison a été entièrement détruite", a témoigné samedi à l'AFP Minas Tsotdanis, un agriculteur de la région.
Des dizaines de maisons ont été endommagées ou détruites, selon les autorités.
Les pompiers doivent combattre chaque jour les flammes sur plusieurs fronts : si près de 500 soldats du feu sont déployés dans la région de Porto Germeno, environ 100 luttent contre un autre incendie à Aigialia, dans le nord du Péloponnèse.
Trois pompiers sont morts cette semaine dans l'exercice de leurs fonctions.
Les autorités grecques comptent désormais sur un ralentissement progressif de la vitesse des vents.
Une atténuation est ainsi attendue en fin de journée, avec des rafales en moyenne de 20 à 30 km/h, selon le site internet meteo.gr de l'Observatoire national d'Athènes.
"Une évolution encourageante (...) devrait (...) faciliter le travail des équipes" de pompiers, a également fait savoir le météorologue Yiorgos Emmanouil sur la chaîne publique de télévision ERT.
Plus tôt dans la semaine, des incendies sur les îles très touristiques de Crète et de Paros ont touché 6.000 hectares supplémentaires.
Plus de cent drones sont déployés cet été, ainsi que quatre satellites thermiques, a dit le gouvernement.
S.Schwarz--BP