Apologie du terrorisme: Dieudonné condamné à six mois sous bracelet électronique
Le polémiste Dieudonné a été condamné jeudi à six mois d'emprisonnement sous forme de détention à domicile avec bracelet électronique pour apologie du terrorisme et injure envers le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez pour des publications sur les réseaux sociaux.
Dieudonné M'Bala M'Bala a également été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 5.000 euros d'amende, trois ans d'inéligibilité et devra verser respectivement 1.000 euros et un euro symbolique à l'Organisation juive européenne et Laurent Nuñez.
L'humoriste sulfureux était d'abord poursuivi pour une vidéo publiée sur X le 7 octobre 2024, premier anniversaire de l'attaque du Hamas sur le sol israélien qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes côté israélien, en majorité des civils.
Dans ce film de deux minutes vu un million de fois, le sexagénaire, qui comptait jusqu'alors 34 condamnations sur son casier judiciaire, avait salué "une date merveilleuse, extraordinaire, féerique", avant de finalement indiquer qu'il parlait de l'anniversaire de sa fille, née un 7 octobre quinze ans plus tôt.
Les juges ont au contraire relevé une "instrumentalisation", un "procédé rhétorique, construit sur un artifice (qui) lui permet ainsi de présenter sous un jour très favorable les attaques terroristes du 7-Octobre".
De même en ce qui concerne une vidéo publiée après l'incendie visant la synagogue de La Grande-Motte (Hérault) en août 2024, dont il avait suggéré qu'il puisse être "une réponse à la haine et au racisme déversés sans retenue par certains juifs de France depuis le 7 octobre", caractéristique selon le tribunal "d'apologie du terrorisme".
"Je suis un humoriste. Je ne suis ni un homme politique, ni un intellectuel, ni un sociologue. Je fais rire les Français depuis près de 40 ans", s'était défendu Dieudonné lors de l'audience du 17 juin, son avocat plaidant un registre d'"humour noir".
Celui qui s'est présenté à neuf reprises à différentes élections depuis près de trente ans a également été condamné - cette fois pour injure publique - pour une autre vidéo dans laquelle il mettait en cause Laurent Nuñez, à l'époque préfet de police de Paris, après un énième arrêté d'interdiction d'un de ses spectacles.
Le visage déformé par un filtre grotesque, Dieudonné y appelait ce "fils de ta mère la pu... la pure! La sainte!" à "porter (s)es couilles" afin de "parler tous les deux": des propos qui "dépassent les limites admissibles du droit à la liberté d'expression", a estimé le tribunal.
F.Herzog--BP