Gims, Theodora, Helena: le made in France tracte le marché musical, selon un rapport
Les artistes produits en France, à l'image de Gims, Jul, Theodora ou Helena, ont dominé la consommation musicale en 2025, dans un marché tricolore qui a néanmoins vu sa croissance ralentir, selon un bilan dévoilé mercredi.
Ces artistes, issus des sphères rap, pop et leurs déclinaisons, occupent ainsi 16 des 20 premières places du classement des albums les plus vendus, souligne le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) dans son rapport.
Au sein du top 200 - plus représentatif des équilibres - la production française occupe les trois quarts des ventes d'albums, précise cette organisation de producteurs, éditeurs et distributeurs.
Parmi ces succès figurent plusieurs premiers opus dont "Mega BBL" (Theodora), "Hélé" (Helena) et "Recommence-moi" (Santa), qui témoignent également d'une montée en puissance des artistes féminines.
Cette spécificité contribue à la vitalité d'un marché français affichant un chiffre d'affaires de près de 1,1 milliard d'euros en 2025, soit "une décennie de croissance ininterrompue", relève l'interprofession.
Ce niveau demeure loin du début des années 2000, marquée par la crise du disque, nuance-t-elle cependant.
Le secteur connaît toutefois un coup de frein avec une croissance de 3,9% l'année passée, contre 7% en 2024, et progresse plus lentement que la moyenne mondiale (+6,4%) portée par la conquête de nouveaux territoires, selon ce rapport.
Le Snep invoque "des raisons conjoncturelles" liées à des régularisations de droits voisins et une année 2024 dopée par les JO de Paris qui ont entraîné davantage de publicité, incluant l'utilisation de musique donc des royalties.
Les revenus du numérique progressent à 711 millions d'euros dans un contexte où le nombre d'abonnements au streaming (12,6 millions) augmente mais est encore à la traîne par rapport à d'autres marchés comme les Etats-Unis.
Bonne nouvelle surtout pour les ventes physiques, qui bondissent de 5% à 205 millions d'euros, bénéficiant d'une "vinyle mania" (+14,8%).
"L'une des raisons est le travail des maisons de disques sur les +fandoms+, les communautés de fans. Ça fait partie intégrante désormais des stratégies pour tous les artistes, y compris ceux en démarrage de carrière", décrypte Alexandre Lasch, directeur général du Snep.
Comme les "Swifties" de Taylor Swift ou les "Little Monsters" de Lady Gaga, les fans sont ciblés pour renforcer leur attachement à l'univers d'un artiste, générant plus de consommation.
"C'est un sujet essentiel à l'heure du développement des IA qui sont désincarnées et qui proposent une musique fabriquée, sans âme", note-t-il aussi.
Au global, la France reste à la sixième place du marché mondial de la musique enregistrée derrière l'Allemagne, leader européen.
Q.Braun--BP