Badische Presse - Incendies : Lecornu en Gironde pour lancer la reconstruction, sous les huées des habitants

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Incendies : Lecornu en Gironde pour lancer la reconstruction, sous les huées des habitants
Incendies : Lecornu en Gironde pour lancer la reconstruction, sous les huées des habitants / Photo: © AFP/Archives

Incendies : Lecornu en Gironde pour lancer la reconstruction, sous les huées des habitants

De la colère et des huées : Sébastien Lecornu en déplacement en Gironde pour lancer la reconstruction du territoire dévasté par le mégafeu de juillet a été conspué par un rassemblement d'habitants du Porge, à son arrivée lundi dans la commune sinistrée.

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Quelque 200 personnes vêtues de noir, rassemblées devant la mairie de cette commune où 183 maisons ont brûlé en juillet, ont hué et tapé des mains à l'approche d'une voiture aux vitres teintées, avec un gyrophare, a constaté un journaliste de l'AFP.

Présent déjà la veille au Porge, le Premier ministre avait réalisé dimanche, "sans caméras" un premier tour de cette commune sinistrée, aux côtés du maire Martial Zaninetti.

"Il est où ? Il est où ?", criait lundi la foule devant les caméras des journalistes sur place.

"Ca aurait été quand même un minimum" que le Premier ministre rencontre les habitants. "C'est vraiment nous prendre pour quantité négligeable", estime Tony Veiga, un retraité de 65 ans.

Le chef du gouvernement doit rencontrer dans cette commune littorale, selon son entourage, des membres d'un collectif d'habitants et des pompiers, dont les représentants syndicaux, au plan national, ont appelé à une mobilisation fin septembre.

Il participera ensuite pendant trois heures à une table ronde avec les "élus locaux et les acteurs de la reconstruction" à Mérignac, près de Bordeaux.

 

- "Moyens" -

Avec 42.000 hectares parcourus, l'incendie fixé le 1er août est le plus grand en superficie en France depuis 1949. Avançant à une vitesse folle, les flammes se sont approchées à 15 km de la métropole bordelaise et ont provoqué l'évacuation de plus de 220.000 résidents et touristes.

Ce mégafeu est emblématique d'un été terrible : près de 100.000 hectares de forêt ont déjà brûlé en France en 2026, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), un record en 20 ans de mesures satellitaires.

Six ministres accompagneront Sébastien Lecornu - Serge Papin (Economie et tourisme), Mathieu Lefèvre (Environnement et reforestation), Vincent Jeanbrun (Logement), Françoise Gatel (Collectivités), Annie Genevard (Agriculture et forêt) ainsi que Laurent Nuñez (Intérieur, sécurité civile) - avec les cinq membres de la "mission reconstruction" pilotée par l'Etat.

Cette dernière est dirigée par Anne Coret, préfète et inspectrice générale de l'Administration, et Antoine Grézaud, inspecteur général à l'Environnement et au Développement Durable.

Matignon assure que "la reconstruction sera accélérée, sans transiger sur la prévention et l'adaptation aux risques futurs", que la "priorité" sera "donnée aux sinistrés" suivis individuellement "pour le relogement puis la reconstruction", et que la "reconstruction de la forêt s'inscrira dans le temps long".

"On sait comment gérer notre forêt, on connaît nos besoins. Plutôt que d'organiser des commissions parlementaires ou d'envoyer des inspecteurs généraux, il faut d'abord nous aider à faire", pestait récemment Bruno Lafon, président de la DFCI (Défense des forêts contre l'incendie) Aquitaine.

Cette association de propriétaires forestiers a érigé plus de 120 km de pare-feu en abattant en urgence des milliers de pins fin juillet.

"Il vaut mieux perdre 2.000 hectares en prévention, que 40.000 dans un incendie. Je le répète depuis 30 ans", dit celui qui avait interpellé Emmanuel Macron à ce sujet fin juillet à Bordeaux, réclamant "des facilitations de réglementation" et des "moyens" pour créer "bien en amont" dans des parcelles privées ces "zones d'appui" aux pompiers.

- "Ecouter" les locaux -

"+Faites-nous un plan Marshall+", implorait la semaine dernière le maire du Porge.

"On n'a retenu aucune leçon de 2022", quand plusieurs mégafeux avaient parcouru au total plus de 30.000 hectares en Gironde. "Il y a beaucoup de gens dans les bureaux qui ont peur d'aller sur le terrain", estime Irène, une habitante du Porge lundi.

Dans cette commune de 3.500 habitants, les commerçants ont rédigé une lettre de doléances pour obtenir des exonérations de charges de l'Etat et des indemnisations de perte d'exploitation par les assurances.

Un décret instituant une aide temporaire et exceptionnelle en faveur des entreprises de moins de 250 salariés affectées en Gironde, dans les Landes (feu de Biscarrosse fin juillet, 3.700 hectares) et dans le Var (Gros Bessillon fin juillet-début août, 6.300 hectares) est entré en vigueur samedi.

Matignon rappelle également la prise en charge par l'Etat et les partenaires sociaux du chômage partiel pour les entreprises contraintes à fermer en raison des évacuations.

La mairie de Saumos a, elle, exhorté Emmanuel Macron à "écouter" les locaux "avant de décider".

Le chef de l'Etat, qui doit recevoir lundi à Brégançon des maires de communes du Var affectées par le feu du Gros Bessillon, avait opposé aux critiques sur la gestion des incendies le fait d'avoir "quasiment doublé le budget de la sécurité civile" en dix ans, lors de sa visite à Bordeaux fin juillet.

tsq-mer-bpa-lcr/alv

V.Walter--BP