L'Iran prévient que ses forces armées sont en état d'alerte maximale
L'Iran a mis en garde samedi les Etats-Unis et Israël contre toute attaque, affirmant que ses forces armées étaient en "état d'alerte maximale" après le déploiement cette semaine d'importantes forces militaires américaines dans le Golfe.
Depuis la vague de contestation réprimée début janvier dans le sang par le pouvoir iranien, Donald Trump a multiplié les menaces d'attaques contre l'Iran.
Désormais le président américain presse la République islamique d'accepter un accord sur le nucléaire et a estimé vendredi qu'elle voulait en conclure un, sans divulguer le délai fixé.
A Téhéran, le ton reste défiant.
"Si l'ennemi commet une erreur, cela mettra sans aucun doute en danger sa propre sécurité, celle de la région et celle du régime sioniste", a averti le chef de l'armée iranienne Amir Hatami, précisant que les forces armées iraniennes étaient "en état d'alerte maximale".
"Le savoir et la technologie nucléaires de la République islamique d'Iran ne peuvent être éliminés, même si les scientifiques et les fils de la nation tombent en martyrs", a-t-il ajouté, alors que des bombardements avaient visé des sites nucléaires ainsi que des scientifiques iraniens lors de la guerre de 12 jours lancée en juin par Israël.
- Négociations "justes et équitables" -
Il a cependant ajouté que les capacités de défense et les missiles de son pays "ne feraient jamais l'objet de négociations".
Donald Trump a menacé cette semaine l'Iran d'une attaque "bien pire" que les frappes menées contre ses sites nucléaires en juin lorsque Washington s'était joint à Israël dans son attaque contre l'Iran, soupçonné par les Occidentaux de vouloir se doter de l'arme atomique.
Les pays du Golfe appellent à la retenue, tout comme la Turquie voisine: le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, qui a reçu vendredi M. Araghchi, a jugé notamment "vitale" la reprise des négociations sur le nucléaire "afin d'apaiser les tensions régionales".
La pression est montée ces derniers jours d'un cran sur le pouvoir iranien avec l'arrivée des forces américaines dans le Golfe mais aussi l'inscription par l'Union européenne des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, sur la liste des "organisations terroristes". Une décision qualifiée d'"insensée" par Téhéran.
Cette force est accusée par les Occidentaux d'avoir orchestrée début janvier la répression du vaste mouvement de contestation ayant fait des milliers de morts.
- Khamenei prie à Téhéran -
L'Iran a averti d'une riposte immédiate en cas d'attaque, rappelant que de "nombreuses" bases américaines dans la région se trouvaient à portée de missiles iraniens.
Il a également menacé de bloquer le détroit d'Ormuz, point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.
Les Gardiens de la Révolution vont y mener à partir de dimanche "un exercice naval de tir réel de deux jours", a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), mettant en garde dans un communiqué contre "tout comportement dangereux ou non professionnel à proximité des forces américaines".
Alors que des analystes n'excluent pas le fait que les Etats-Unis veuillent éliminer les plus hauts dirigeants iraniens, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a visité samedi le mausolée de Rouhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique, dans le sud de Téhéran.
Dans une vidéo publiée sur son site officiel, M. Khamenei, qui n'était pas apparu en public depuis le 17 janvier, apparaît en train de prier.
Sorti affaibli de la guerre de juin 2025, le pouvoir iranien a étouffé par une violente répression les récentes manifestations. Initié en décembre par des commerçants contre le marasme économique, le mouvement avait pris le 8 janvier une vaste ampleur, posant à la République islamique son plus grand défi depuis sa création en 1979.
Plus de 6.500 personnes, dont 6.170 manifestants et 124 enfants, ont été tuées en Iran, d'après un bilan actualisé de l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), dont le siège est aux Etats-Unis et qui enquête sur plus de 17.000 décès potentiels supplémentaires.
Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des "émeutiers".
N.Horn--BP