Badische Presse - Hichilema, l'ancien garçon vacher devenu président de la Zambie

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Hichilema, l'ancien garçon vacher devenu président de la Zambie
Hichilema, l'ancien garçon vacher devenu président de la Zambie / Photo: © AFP/Archives

Hichilema, l'ancien garçon vacher devenu président de la Zambie

Reconduit pour un second mandat à la tête de la Zambie mardi, Hakainde Hichilema ne manque jamais de rappeler son enfance de vacher aux pieds nus en réponse aux critiques le dépeignant comme un magnat coupé des réalités et devenu adepte de la manière forte.

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"HH", comme l'appelle la rue zambienne, avait accédé à la présidence pour la première fois en 2021, à sa sixième tentative. La troisième face à son adversaire de longue date Edgar Lungu, président de 2015 à 2021, décédé en 2025.

L'homme d'affaires de 64 ans, crédité d'avoir restructuré la dette du pays et rendu l'école gratuite, a cette fois remporté le scrutin de jeudi avec quelque 60% des voix face à un ancien ministre du gouvernement Lungu, Brian Mundubile (près de 38%), qui n'a pu mener qu'une campagne de dernière minute.

De l'avis de partis d'opposition et d'ONG, le premier mandat de "HH" a été marqué par un tournant répressif et un rétrécissement de l'espace politique, tandis que la campagne a été marquée par des violences, des arrestations et des restrictions de déplacement.

Avant d'investir les briques rouges du palais présidentiel, le candidat et éternel opposant Hichilema dénonçait le "régime brutal" du camp Lungu. Et les multiples arrestations dont il a fait l'objet après son entrée dans la vie politique avaient donné corps à sa promesse d'une "meilleure démocratie".

- Prison -

Devenu en 2006 le chef du Parti uni pour le développement national (UPND), une formation libérale qu'il avait lui-même financée, Hakainde Hichilema disait avoir été interpellé 15 fois par la police avant d'être enfin élu. Il a même passé quatre mois à l'isolement en prison pour "trahison" après avoir refusé le passage à un convoi présidentiel juste après l'élection d'Edgar Lungu en 2016.

Hakainde Hichilema a hérité d'une économie à bout de souffle. Des années d'endettement massif avaient conduit le pays au défaut de paiement souverain en 2020.

En cinq ans, "HH" a restructuré la dette, obtenu la confiance des bailleurs de fonds et attiré des millions de dollars d'investissements, notamment dans le secteur du cuivre. La Zambie en est le deuxième producteur d'Afrique et le huitième au monde. Il s'est fixé l'objectif ambitieux de tripler la production pour 2031.

Même si l'inflation a ralenti, les effets plus vastes de sa politique se font encore attendre, dans un pays où plus de 70% de la population vit avec moins de trois dollars par jour selon la Banque mondiale. Ce père marié de trois enfants a néanmoins pris avantage de ses succès économiques pour instaurer la gratuité de l'enseignement primaire et secondaire.

Le sujet tient à coeur à celui qui a grandi dans une modeste famille d'un village du sud du pays.

- "Un Africain ordinaire" -

"Je ne suis qu'un simple garçon d'élevage. J'adore passer du temps à baigner le bétail (pour le débarrasser des parasites, NDLR), c'est une passion qui remonte à mon enfance", retraçait-il dans un entretien avec l'AFP en 2021, se décrivant comme "un Africain ordinaire".

C'est à l'école, fréquentée sans chaussures les trois premières années comme il aime le raconter, que son "cran et sa détermination" lui ont permis de décrocher une bourse de l'université de Zambie, dont il est sorti diplômé d'économie en 1986.

Master en gestion d'entreprises (MBA) de l'université anglaise de Birmingham en poche, il démarre dans l'immobilier, devenant l'un des hommes d'affaires les plus riches de Zambie avec des investissements dans la finance, la pierre, la santé et le tourisme.

A 32 ans, il devient PDG de la filiale locale d'un des plus grands cabinets d'audit au monde et siège au conseil d'administration de plusieurs entreprises.

De ces années, il a abandonné le jargon économique et les costumes sur mesure, troqués contre un jean, une chemise de travail et la veste sans manches qu'il ne quitte jamais en campagne.

Sur les routes, il a transformé en slogan une expression prisée de la jeunesse, "Salt sana" ou "plus de sel", appelant les électeurs à "ajouter plus de saveur" en le réélisant.

F.Hoffmann--BP