Badische Presse - A l'ONU, Trump défend son nationalisme, sourd aux appels à la coopération internationale

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A l'ONU, Trump défend son nationalisme, sourd aux appels à la coopération internationale
A l'ONU, Trump défend son nationalisme, sourd aux appels à la coopération internationale / Photo: © AFP

A l'ONU, Trump défend son nationalisme, sourd aux appels à la coopération internationale

Donald Trump a développé mardi à l'ONU son argumentaire nationaliste habituel, menaçant d'"anéantir" l'Iran si besoin, sourd aux appels à une meilleure coopération entre les Etats défendue par le chef des Nations unies et d'autres dirigeants.

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A rebours de cet isolationnisme américain exprimé devant l'Assemblée générale, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a, lui, appelé à un retour aux principes du droit international et plaidé pour une coopération entre grands de ce monde sur l'intelligence artificielle.

Enlisé dans son conflit avec Téhéran, très impopulaire auprès des Américains, Donald Trump a à la fois menacé l'Iran et dit qu'il envisageait un accord avec ce pays "juste après" législatives de novembre aux Etats-Unis, qui s'annoncent difficiles pour son parti républicain.

De manière inhabituelle, le président américain a suivi son prompteur. Pas de nouvelle édition des attaques virulentes déclenchées l'an dernier au même endroit par une panne de ce dispositif, ou un problème d'escalator qui l'avait ulcéré.

Et c'est sur un ton relativement mesuré que le chantre de l'"Amérique d'abord" s'est notamment opposé à tout "projet mondialisé" de régulation de l'intelligence artificielle, à contre-courant de certains dirigeants du secteur et de responsables internationaux appelant à un meilleur contrôle.

. Groenland: accord signé !

Immédiatement après son discours à la tribune, Donald Trump a participé à la signature avec le Danemark d'un accord sur le Groenland mettant fin à une crise majeure avec les Européens, après avoir menacé de rattacher purement et simplement aux Etats-Unis ce territoire autonome danois.

Le texte scelle le maintien du Groenland dans le giron américain tout en reconnaissant la souveraineté de Copenhague et le droit des Groenlandais à l'autodétermination. Les Etats-Unis vont y construire deux nouvelles bases militaires dans le sud et l'est du pays, selon le texte de l'accord.

. IA : nouvel appel à réguler

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, qui arrive à la fin de l'année au terme de son deuxième mandat, a appelé à un retour aux principes du droit international et de la coopération défendus par son institution.

Dans un dernier discours aux accents très sombres, il a notamment appelé les Etats-Unis et la Chine à coopérer sur l'intelligence artificielle, faisant écho aux appels à mieux encadrer le secteur.

Donald Trump, qui s'oppose à tout "projet mondialiste" de régulation de cette technologie, a lui annoncé que les documents officiels américains allaient abandonner le terme "IA" au profit de "super intelligence".

. La Palestine toujours en tête

Evoquant le conflit entre Israël et les Palestiniens, le chef de l'ONU a estimé que "les violences, les déplacements de population et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée" par Israël faisaient "planer le spectre d'un nettoyage ethnique".

"Nous ne pouvons pas laisser la solution à deux États disparaître sous nos yeux", a insisté Antonio Guterres, alors que cette perspective semble s'éloigner.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lui exhorté les dirigeants réunis dans la salle à commencer "immédiatement" la reconstruction de la bande de Gaza, anéantie par la guerre menée par Israël en réponse aux attaques du Hamas du 7-Octobre.

. Lula en campagne

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a profité de la tribune pour émettre des mises en garde, face aux craintes d'ingérence étrangère dans la campagne électorale qui l'oppose au candidat d'extrême droite Flavio Bolsonaro, proche de la sphère trumpiste.

"Nous disposons d'un système électoral moderne et solide, sous l'oeil vigilant d'une société pluraliste et d'une presse libre", a-t-il souligné, jurant d'empêcher les "ennemis de la démocratie, qu'ils soient nationaux ou étrangers, de porter atteinte à la volonté populaire".

. Cuba furieux

A New York, le gouvernement cubain a vivement réagi à des déclarations de Donald Trump assurant que le "régime communiste" allait "tomber", sans dire quand ni comment.

"Le gouvernement des États-Unis est incapable d'accepter que Cuba est, et a le droit d'être, un pays pleinement indépendant et souverain", a dénoncé sur X le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, qui dirige la délégation cubaine à New York.

Washington, qui ne cache pas sa volonté de voir un changement de régime chez son voisin et ennemi idéologique, impose depuis janvier un blocus pétrolier de facto à l'île de 9,4 millions d'habitants, ce qui a plongé le pays dans une très grave crise économique et énergétique.

U.Berger--BP