Macron en visite d'État en Espagne pour "rehausser" les relations
Emmanuel Macron est attendu mardi à Madrid pour une visite d'Etat de deux jours en Espagne visant pour lui à souligner de grandes "convergences" entre les deux pays en matière européenne.
Le président français et son épouse Brigitte Macron seront accueillis à la mi-journée par le roi Felipe VI et la reine Letizia au palais royal, avant un déjeuner au palais de la Zarzuela, leur résidence madrilène.
Emmanuel Macron échangera ensuite dans l'après-midi avec des étudiants à l'Université Complutense au sujet de la protection de "nos démocraties et notre jeunesse à l'heure des réseaux sociaux", a expliqué la présidence à des journalistes.
Ce thème est l'une des dernières batailles du chef de l'Etat, qui espère, avant de quitter le pouvoir en mai, interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, malgré les obstacles juridiques, un objectif partagé par le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, pour les moins de 16 ans.
Cette journée par ailleurs très protocolaire s'achèvera avec un dîner de gala au palais royal.
Mercredi, l'économie, la politique et la diplomatie s'inviteront plus franchement dans cette première visite d'État d'un président français depuis celle de Nicolas Sarkozy en 2009.
Emmanuel Macron et le roi Felipe VI doivent ouvrir dans la matinée un forum économique franco-espagnol, en présence de nombreux chefs d'entreprise.
Le président s'entretiendra ensuite avec Pedro Sanchez au palais de la Moncloa à la mi-journée, avant une conférence de presse commune.
- Forte "proximité" -
Arrivés au pouvoir au même moment entre 2017 et 2018, le centriste Macron et le socialiste Sanchez n'ont jamais affiché une grande intimité, malgré un positionnement pro-européen similaire.
Ils se sont récemment retrouvés sur la reconnaissance d'un Etat de Palestine et leur opposition à la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, même si la gauche française reproche au président de ne pas être aussi ferme que le dirigeant espagnol.
Il n'empêche, entre les deux pays voisins séparés par les Pyrénées il existe une forte "proximité" et les "convergences sont fortes, en particulier sur notre agenda européen" en faveur d'une plus grande souveraineté continentale, fait-on valoir au palais présidentiel de l'Elysée.
Il s'agit donc par cette visite de "rehausser" et "marquer politiquement" ce qui "est de l'ordre de l'évidence", ajoute-t-on.
L'Espagne et la France ont signé en 2023 à Barcelone un traité d'amitié censé, déjà, "rehausser" les relations bilatérales, comme Paris l'a fait avec ses autres voisins, l'Allemagne et l'Italie. Madrid a signé des accords semblables avec le Portugal et le Maroc.
Mais côté espagnol, la ratification parlementaire était bloquée par l'opposition de droite. La justice espagnole a estimé la semaine dernière que la disposition contestée était bien constitutionnelle.
"Notre souhait est que cette ratification puisse aller à son terme", a dit la présidence française, saluant ces récents "signaux" positifs.
En Espagne, Pedro Sanchez, rattrapé ces derniers jours par la crise du logement que traverse le pays, est affaibli par des affaires judiciaires qui visent notamment son épouse, et a été secoué cet été par la crise de Ceuta, qui a vu l'afflux massif de migrants dans l'enclave espagnole en Afrique du Nord.
La France avait plutôt apporté son soutien à l'Espagne dans cet épisode, à l'inverse notamment de l'Italie.
W.Schmid--BP