Badische Presse - Inde : manifestations pour demander la démission du chef de la commission électorale

Euronext
AEX 1.52% 1119.4 €
BEL20 0.29% 5524.5 €
PX1 1.12% 7922.52 €
ISEQ 1.86% 14303.5 €
OSEBX 0.27% 2062.77 kr
PSI20 -0.21% 9456.37 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK -1.45% 4451.12 €
N150 0.7% 4175.67 €
Inde : manifestations pour demander la démission du chef de la commission électorale
Inde : manifestations pour demander la démission du chef de la commission électorale / Photo: © AFP

Inde : manifestations pour demander la démission du chef de la commission électorale

Des manifestants se sont rassemblés vendredi à New Delhi et à Bombay, notamment des sympathisants du mouvement de jeunesse des "cafards", pour réclamer la démission du président de la Commission électorale, sur fond d'irrégularités présumées dans les listes électorales.

Taille du texte:

Une enquête publiée le mois dernier par le quotidien The Indian Express a fait état d'irrégularités lors d'une vaste révision des listes électorales, qui a conduit à la radiation de millions de noms.

La Commission électorale (ECI), longtemps considérée comme l'une des institutions les plus respectées du pays souvent surnommé "la plus grande démocratie du monde", a rejeté toute accusation d'irrégularité dans ce processus.

Des responsables de l'opposition accusent Gyanesh Kumar, le président de la ECI, d'agir sur les instructions du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti ultranationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi.

Des membres de partis d'opposition ont été brièvement interpellés par la police.

Jantar Mantar, lieu officiellement réservé aux manifestations au coeur de la capitale, a été bouclé par la police derrière des barricades, tandis que les protestataires se rassemblaient dans les rues environnantes.

Les services d'internet mobile ont également été suspendus dans le secteur.

Les sympathisants du "Parti du peuple des cafards" (CJP), un mouvement de jeunes apparu sur internet en mai, se sont de leur côté réunis au Shivaji Park, vaste parc du centre de Bombay, à l'occasion de leur première mobilisation depuis juillet.

Leur vaste mobilisation à l'échelle nationale avait contribué à la chute du ministre de l'Education.

Le 2 octobre est un jour férié en Inde marquant l'anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi. Les manifestants ont affirmé s'inscrire dans ses principes de protestation pacifique.

Brandissant des drapeaux indiens, ils ont scandé des slogans contre la Commission électorale et réclamé la démission de son président, Gyanesh Kumar.

- "Sauvons la démocratie" -

"Ma motivation, c'est notre avenir", a déclaré à l'AFP Nidhi Sharma, une étudiante de 19 ans à l'université de Delhi, "je dois pouvoir voter".

Mina Giri, 38 ans, qui affirme vivre à Delhi depuis quinze ans et avoir voté lors de précédents scrutins, a indiqué que son nom avait été supprimé des listes.

"Comment peut-on me priver de mon droit fondamental?", a-t-elle demandé.

Un autre manifestant, Imran, 18 ans, a affirmé que des membres de sa famille avaient également été retirés des listes.

"A cause de cela, nous avons du mal à obtenir d'autres documents officiels, ce qui nous empêche de bénéficier des aides publiques", a-t-il expliqué.

"Nous sommes pauvres, nous n'avons pas grand-chose et nous dépendons de ces aides".

A Delhi, la police a interpellé plusieurs manifestants et les a conduits en bus vers d'autres secteurs de la capitale, mais certains sont revenus à pied jusqu'au site de Jantar Mantar.

"Peu importe le nombre de fois qu'ils feront cela, nous reviendrons manifester", a déclaré Sahana, une avocate, qui a été interpellée par la police et a ensuite parcouru deux kilomètres pour rejoindre de nouveau le rassemblement.

"Vous ne pouvez tout de même pas nous enlever notre droit de marcher, n'est-ce pas?, a-t-elle ajouté.

Des responsables politiques venus soutenir les manifestants ont également été brièvement interpellés.

Les partis d'opposition prévoient de marcher jusqu'au siège de la Commission électorale à New Delhi le 6 octobre, puis d'organiser des rassemblements "Sauvons la démocratie" à travers tout le pays dans les jours suivants.

Le militant Vijeta Dahiya, qui a pris part à la fronde des "cafards", a déclaré que "personne ne veut manifester" mais "nous sommes "contraints de hausser la voix lorsque le gouvernement commet des erreurs".

M. Kumar n'a pas réagi aux accutions du quotidien indien mais la Commission électorale a déclaré qu'elles ne sont "qu'une partie de la réalité".

Q.Schmid--BP