Six nations: l'Angleterre écoeure les Bleues et garde son trophée
La force de l'habitude: l'Angleterre a dominé le XV de France dans la "finale" du Tournoi des six nations (43-28) et s'est offert un huitième Grand Chelem consécutif à Bordeaux dimanche, face à des Bleues inspirées mais encore loin de leurs rivales.
Ce ne sera pas encore pour cette fois. Devant les 35.000 personnes massées dans le stade Atlantique, un record pour le rugby féminin en France, les Françaises avaient l'occasion de mettre un terme à l'hégémonie anglaise qui s'étire depuis 2018 et le dernier succès tricolore dans le Tournoi.
Mais les "Red Roses" ont fait du Six nations leur chasse gardée et savent comment contrecarrer les plans des Bleues: sous le soleil girondin, elles ont battu la France pour la 18e fois d'affilée.
Malgré les assauts de Françaises qui avaient remisé un éventuel complexe d'infériorité au vestiaire, les Anglaises ont encore montré que l'odeur de la défaite les répugne. Elles ont remporté un 38e match consécutif, et n'ont plus chuté depuis une finale de Coupe du monde perdue face à la Nouvelle-Zélande en 2022.
Le XV de la Rose a pourtant du s'employer pour venir à bout de la formation de François Ratier, le sélectionneur arrivé à la tête des Bleues en début d'année et qui vivait là son premier "Crunch".
Le but avait été affiché, répété et martelé toute la semaine: commencer très fort pour prendre les Anglaises à la gorge et les faire douter, tout de suite.
Le plan échafaudé par le technicien ayant officié avec succès à Bordeaux a fonctionné comme dans un rêve, dans un premier temps. Ses Bleues ont montré un visage déterminé, appliqué et conquérant pour secouer les favorites.
Elles ont acculé les Anglaises dans leur camp, cumulant 92% d'occupation lors des dix premières minutes, et se sont même permis le luxe de frapper avec un contre assassin amorcé par Léa Murie, relayé par Léa Champon et conclu par Pauline Bourdon Sansus (7-0, 14e).
- Sang-froid anglais -
Mais les "Red Roses" ne sont pas au firmament du rugby mondial depuis tant d'années pour rien. Face à des Françaises qui ont fatalement connu une baisse de régime après un départ canon, elles ont peu à peu mis la main sur la partie.
Les joueuses de John Mitchell ont d'abord égalisé grâce à la pilier Sarah Bern, venue aplatir dans l'en-but après un pilonnage en règle de la ligne défensive tricolore (7-7, 23e) et un ballon perdu en touche.
Puis elles ont fait parler leur opportunisme, la star du rugby Ellie Kildunne se chargeant de sanctionner un ballon perdu par les Bleues (14-7, 29e).
Pragmatiques, plus précises et efficaces, les tenantes du titre ont pris le large sans être ultra-dominatrices. Un doublé pour Kildunne, inévitable et souvent cherchée par les animatrices anglaises, et un autre essai de l'ailière Jessica Breach leur ont donné une large avance à la pause (26-7).
Avec quatre joueuses dans le XV de départ à quatre sélections, et qui n'avaient donc jamais affronté les Anglaises, la France a montré une belle capacité de révolte.
L'ailière Anaïs Grando puis la demie de mêlée Pauline Bourdon Sansus, seule rescapée du dernier succès bleu face à l'Angleterre, ont ramené les Françaises sur les talons des championnes du monde (29-21, 60e).
Pas de quoi effrayer les "Red Roses" malgré la chaude ambiance bordelaise, alors que la France avait échoué à un petit point de l'exploit (43-42) l'année dernière. Avec un sang-froid très anglais, elles ont répondu par la vitesse d'une Jessica Breach supersonique, elle aussi autrice d'un doublé pour donner de l'air aux siennes (36-21, 65e).
Trop forte, l'Angleterre a profité du carton jaune attribué à Alexandra Chambon (71) pour enfoncer le clou et passer la barre des 40 points grâce à la talonneuse Amy Cokayne, un brin chambreuse avec le public bordelais.
Un dernier essai de l'entrante Rose Bernadou a réduit l'écart au tableau d'affichage. Mais celui qui sépare les deux sélections reste bien présent.
D.Groß--BP